Un grand nombre d’entre nous s’est déjà retrouvé, un jour, à copier/coller dans un mail une URL d’une longueur (en apparence) interminable Le nombre de caractères dans une adresse web a explosé ces dernières années, ce qui n’est pas sans poser problème quand on souhaite partager un article lu sur le web. Heureusement, un certain nombre de services – appelés « raccourcisseurs » (ou « réducteurs ») d’URL – permettent de pallier ce souci.
Les URL à rallonge nuisent fortement à la lisibilité de courriels ou de rapports. Il est ainsi dissuasif de copier/coller, dans le corps d’un message électronique, des adresses telles que celle de cet article sur Blaise Pascal : http://www.liberation.fr/sciences/01012289940-une-note-de-geometrie-de-blaise-pascal-decouverte-a-clermont-ferrand. Ou d’insérer, dans la signature de ses mails, http://www.ec-nantes.fr/version-francaise/pratique/contacts/m-magnin-morgan-58115.kjsp?RH=ECN-FR
Pourtant, que ce soit sur les sites institutionnels ou les grands médias, ces longues adresses sont désormais techniquement indispensables pour distinguer des pages de plus en plus nombreuses. Si on ne peut pas agir directement sur la structure de l’URL originelle, il est toutefois possible d’utiliser des services offrant des redirections vers les pages qui nous intéressent. Autrement dit, ces sites vous proposent de d’offrir un alias court à n’importe quel page sur le web. Notons que ces services ont connu le succès sous l’impulsion notamment de Twitter, un site qui impose de déposer des messages composés de 140 caractères (!) au maximum.
Un exemple sur l’une des pages sus-citées : l’adresse http://bit.ly/cpd4aB réduit en 20 caractères une URL qui en faisait initialement 114. Mais, en même temps, vous découvrez une des limites de quelques-uns de ces services : il n’est plus possible de savoir vers quoi ce lien pointe juste en jetant un coup d’œil à l’adresse. Un bémol souvent aisément contournable. Il suffit par exemple d’ouvrir un compte (gratuit) sur http://bit.ly pour personnaliser l’URL courte que l’on souhaite mettre en œuvre. C’est ainsi que j’ai pu créer l’adresse http://bit.ly/libe-blaise-pascal, qui est tout de suite beaucoup plus compréhensible (i.e. : un article de Libération sur Blaise Pascal).
Les services du même genre se multiplient. Il en va ainsi de http://tinyurl.com (que j’ai utilisé pour faire référence à ma page professionnelle : http://tinyurl.com/magnin-ecn). Twitter a récemment lancé son propre service de réduction, t.co.
Le principal inconvénient de ces services réside dans l’externalisation de ces URL. Ainsi, on peut légitimement supposer que l’École Centrale de Nantes, en tant qu’organisme pérenne, maintiendra ses URL pendant plusieurs décennies. Est-ce que http://tinyurl.com, lui, existera encore dans 5 ans ? Difficile à garantir. De plus, rien n’assure que ce genre de site préservera « à vie » l’intégrité de ces redirections.
De fait, il vaut mieux les utiliser dans des cadres de communication à court et moyen terme, tels que des courriels, des rapports à durée de vie réduite (un ou deux ans), des articles de presse. Dans ces domaines, ils sont particulièrement utiles et efficaces et je vous recommande donc de tester http://bit.ly et http://tinyurl.com !
Je terminerai cet article par un paragraphe plus spécifiquement dédié aux concepteurs de sites web :
Il ne faut pas négliger l’impact potentiel des réducteurs d’URL sur le référencement de pages web. Autrement dit, insérer une URL réduite au sein d’une page web A pour faire un lien vers une page B aura parfois moins d’impact qu’insérer l’URL complète de B au sein de la page A. Plusieurs services utilisent des redirections permanentes 301, donc ont un impact négatif mineur sur ce qu’on appelle le référencement naturel. Je vous invite d’ailleurs, sur le sujet, à consulter ce tableau des « bons » et des « moins bons » raccourcisseurs d’URL.
Cela dit, dans l’URL raccourcie, il n’y a pas de mots clefs. Il en résulte, nécessairement, une légère perte de la qualité de référencement. Ce n’est pas un hasard si les médias généraux (Le Monde, Rue89, etc.) mettent en place leur propre service de raccourcissement.
Il est désormais aisé d’installer son propre réducteur d’URL sur son serveur, avec des programmes PHP tel que YOURLS. Il s’agit de la meilleure solution pour profiter à la fois d’adresses courtes, pérennes et respectueuses du référencement naturel.



